SPA : des refuges à rénover d'urgence et un contrôle interne insuffisant

« Le contrôle interne des dépenses de la Société protectrice des animaux (SPA) est encore insuffisant et un nécessaire plan de rénovation des refuges n'a pas été lancé, déplore un rapport de la Cour des comptes publié jeudi.

 

Les Sages ont toutefois estimé que "l'emploi des fonds collectés auprès du public est globalement conforme aux objectifs poursuivis par l'appel à la générosité publique" entre 2011 et 2015. Avec un budget annuel d'environ 50 millions d'euros, dont la moitié vient de legs, la SPA est même dans une situation financière "très confortable", chaque exercice de cette période ayant été bénéficiaire et la trésorerie s'élevant à 66 millions d'euros à fin 2015. Mais "le contrôle interne nécessaire pour sécuriser la gestion souffre de carences persistantes", même si la gestion des legs, "qui constituait l'une des critiques majeures du précédent contrôle, s'est significativement améliorée", note la Cour. Les défaillances reprochées à la SPA sont des "remboursements injustifiés de frais de mission", "des lacunes dans les mécanismes de prévention des conflits d'intérêts" et une "contractualisation très insuffisante des relations avec les fournisseurs et prestataires". "Des interrogations persistent sur la stratégie" en matière de dons, avec une collecte en hausse de 41% en cinq ans mais pour "un coût croissant" (+80%), soulignent également les magistrats. Sous l'impulsion d'une nouvelle direction depuis mi-2013, l'activité de la SPA s'est accrue avec une hausse des animaux pris en charge (+31%) et des adoptions (+35%) en cinq ans. L'autre forte critique de la Cour concerne la rénovation des lieux d'accueil des animaux qui "n'a pas encore constitué un impératif à la hauteur de l'urgence", en dépit de recommandations antérieures et malgré les importantes réserves financières. "Les travaux effectués sur les cinq exercices contrôlés ont été très limités", indique le rapport. Et le plan d'investissement qui avait été arrêté devra sans doute être revu à la faveur de "nouveaux besoins" détectés. L'association, dont la gestion avait été fortement critiquée par la Cour des comptes en 2002 puis en 2009, avait été placée sous administration judiciaire pendant plus de trois ans (novembre 2009-juin 2013). En juin 2013, une nouvelle équipe dirigeante a été élue et, conformément à une recommandation de la Cour des comptes, de nouveaux statuts ont été déposés en 2017. »

 

Source : AFP

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